Le regard de Julien Jimenez sur un site de conseil orienté résultats

Le regard de Julien Jimenez sur un site de conseil orienté résultats

Le SEO français des années 2000 tenait boutique sous pseudo, forums et blogs compris, avant que la profession n'assume son identité en public. Julien Jimenez, consultant SEO installé à Lyon, a traversé cette bascule sous le nom de Korleon.

Il dit n'avoir "connu qu'une seule activité, le web". Il l'a commencée tôt : vers 28 ans, il comptait déjà une douzaine d'années de métier, ce qui situe ses débuts à la toute fin des années 2000. Le site Jimenez Julien retrace aujourd'hui ce parcours sous son nom réel, mais l'essentiel de sa notoriété s'est bâti ailleurs, sous un autre nom.

Korleon, un pseudo qui tient boutique

Un blog, deux comptes Twitter

Le blog korleon.fr sert de point de départ. Jimenez y publie sous le nom Korleon, décliné ensuite sur Twitter avec les comptes @korleon38 puis @KorleonKBiz. Dès 2007, il positionne des sites sur des requêtes concurrentielles dans le top 3 de Google, un exercice qui, à l'époque, se discute presque exclusivement entre pseudonymes sur les forums spécialisés. Il se présente comme consultant SEO indépendant depuis 2009.

Cette identité de forum lui vaut une reconnaissance chez les pairs plutôt que dans la presse grand public. Il est invité du podcast SEO de Laurent Bourrelly, consultant actif depuis 2004 et figure ancienne du secteur, ce qui situe Korleon dans une génération qui se recommande de proche en proche, sans besoin d'un vrai nom pour exister professionnellement.

Korleon devient une entreprise

Au début des années 2010, Korleon devient Korleon'Biz, une agence SEO. Le premier salarié arrive en 2013 ; en 2016, l'équipe compte déjà une dizaine de personnes, en grande partie à distance, réunies par des séminaires réguliers. Parmi les références clients affichées : CuisineAZ et 1001Pharmacies.

Le recrutement suit une logique de formation interne et de partage de savoir, avec une préférence pour des juniors motivés et un processus qui peut se boucler en moins de 24 heures entre le premier échange et la décision. Dans une interview accordée à e-works.fr, Jimenez résume la difficulté du secteur : "En tant qu'agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi." Le nom Korleon'Biz porte encore la marque du pseudonyme, greffé sur une structure qui, elle, emploie des salariés bien réels.

Quand le pseudo signe de son vrai nom

NextLevel.link change de registre

En 2018, Jimenez lance NextLevel.link, une plateforme de netlinking. La structure revendique plus de 20 000 sites utilisateurs et environ 2 millions de liens orchestrés, des chiffres à prendre comme la plateforme les communique elle-même plutôt que comme des données auditées par un tiers. Contrairement à Korleon'Biz, NextLevel.link ne porte plus la trace du pseudonyme de forum : c'est un nom de produit, pensé pour un marché, pas pour signer un blog personnel.

Le netlinking reste sa signature, mais Jimenez revendique aussi Google Discover, un flux dont peu de consultants français ont fait une spécialité, ainsi que l'audit SEO complet qu'il nomme 360, le SEO technique (vitesse, indexation, balisage) et la stratégie de contenu. Sa méthode s'affiche en trois temps : audit et stratégie, puis mise en œuvre, puis croissance mesurée. Google Discover reste un canal volatil, dépendant d'algorithmes que même les spécialistes ne maîtrisent qu'en partie, ce qui relativise l'idée d'une expertise figée sur le sujet.

Le nom propre à la tribune

Les conférences achèvent la bascule. Le 7 avril 2023, à la Warehouse de Nantes, Jimenez intervient à Webisland sous son nom, avec une conférence intitulée La ténacité au service de la passion. Un 13 avril, il est à Orléans pour SEO By Night, accompagné de Romain Miikula pour la séance de questions. Il propose aussi des formations SEO, cette fois sans écran de pseudonyme entre lui et son public.

Cité par ses pairs comme une référence du SEO francophone, Jimenez additionne aujourd'hui 14 recommandations LinkedIn d'experts du secteur. Le pseudo Korleon n'a pas disparu des archives du web ; il a simplement cédé la place, sur les scènes de conférence comme sur les moteurs de recherche, à un nom qu'on peut vérifier sur une carte d'identité.

Pour aller plus loin, consultez Jimenez Julien.